Parcours

Chemins empruntés / vie artistique / identité

Diplômée d'un Master en art dramatique du Conservatoire royal de Bruxelles, Lisa Tonelli a suivi une formation d'écrivain privé (Iscriptura) et obtenu un certificat en médiation culturelle (ULB-ULG). Elle poursuit aujourd'hui une formation en art-thérapie.

Avec La Lisière, elle explore les liens entre nourriture et narration (Frichti, Automne). Elle a écrit et mis en scène Push-up en 2026, met en scène le slameur Nadjad Bacar dans Carte de ces jours(première le 3 avril 2026 au Centre culturel de Molenbeek) et co-écrit Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo avec Silvio Impegnoso (première prévue en octobre 2027). Elle développe son travail aussi bien en Belgique qu'en Italie.

Lisa Tonelli-comédienne, autrice, metteuse en scène, formatrice

"J'ai grandi dans la région de Charleroi. J'ai passé une partie de mon enfance les genoux tout noirs à jouer sur les terrils et à y chercher des fossiles de fougères (mais parfois je repêchais aussi des vieux jouets dans le canal). J'aime les vieilles constructions industrielles couleur rouille qui ont pour moi des airs de cathédrale.

L'autre partie de mon enfance, je l'ai passée dans un magasin de lingerie de luxe, entre les femmes nues et les confidences. J'y ai développé le goût des histoires qui ne s'inventent pas et une conscience précoce des dynamiques patriarcales. J'y ai appris à « berdeller » – parler, beaucoup. En 2026, j'ai mis en scène Push-up.

Je suis d'origine italienne, mais pas « italienne » : je suis « italienne de Charleroi ». C'est une sous-culture que j'ai longuement étudiée, et dans laquelle on déclare son amour par la nourriture. Dans ma famille, c'est en cuisinant qu'on se disait « je t'aime ». Cette matière sensible, je l'ai portée à la scène. Je célèbre (et critique) cette culture dans Dans la cuisine (mise en scène Émeline Marcour). Depuis 2023, j'explore ce lien entre nourriture et narration avec La Lisière (Frichti, Automne)."

Racines

"Je dis souvent que j'aime le kitsch : « Accumulation et usage hétéroclite, dans un produit culturel, de traits considérés comme triviaux, démodés ou populaires. » J'aime la beauté là où on ne l'attend pas. Les fleurs en plastique sur les balcons, la vieille vaisselle en forme de fruit, les femmes en chair qui osent les robes à paillettes, ou ce plant de tomate que j'ai un jour vu pousser sur les rails de train entre Bruxelles et Braine-l'Alleud et qui portait une magnifique tomate toute rouge.

Je me sens un peu comme un collier de pâtes – un assemblage de toutes ces petites beautés modestes, de ces trouvailles qui ne paient pas de mine, de ces bouts de vie qui font mon quotidien.

Mais je suis aussi une romantique du 19ème siècle, inspirée par les falaises et les mers froides. J'aime Lovecraft, David Lynch, le fado et le punk. J'aime les pogos. Au théâtre, j'aime les personnages qui « pètent les plombs », qui explosent et se libèrent. On pourrait ajouter des dents et des scalps à mon collier de pâtes.

Il y a quelques mois, en courant, je suis passée, comme chaque fois, devant ce muret tout fissuré que je connais si bien. Dans la faille, un groupe de violettes avait poussé. J'ai pensé : « Il y a un chemin pour tout le monde. » Finalement, est-ce que ce n'est pas un peu ça que je cherche à faire avec mon art ? Faire pousser des fleurs dans les fissures ?"

Inspirations

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